18 Juillet : l’anniversaire de Mandela

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Mandela aurait eu 100 ans le 18 juillet prochain. Cette date décrété par l’ONU «Mandela Day» devient le symbole de la journée pour la liberté, la justice et la démocratie.

Ce n’est pas tout fait une biographie de plus sur Nelson Mandela qui vient de paraître. Celle-ci nous offre un regard plus intime et nous ouvre les portes de sa famille. Sa fille cadette Zindzi répond aux questions de ses deux petits enfants et retrace pour eux la vie de son célèbre père. Plus largement, en le publiant, elle a choisit de partager avec tous les jeunes lecteurs ce destin exceptionnel qu’a été celui de Mandela.

Elle n’était qu’un nourrisson quand il a été interné au bagne de Robben Island et ne l’a rencontré qu’à l’adolescence. Pour les protéger du harcèlement policier et des humiliations, elles sont, avec sa sœur, exilées très jeunes au Swaziland. Nous pouvons imaginer les souffrances subies et l’isolement loin de leur famille, mais aussi le bonheur de pouvoir enfin le retrouver, à 29 ans, quand il sort de sa longue détention. C’est elle qui lira au stade de Soweto devant une marée humaine la lettre que son père a écrite et qui refuse les conditions proposées pour sa libération.

Elle l’évoque, ainsi que sa mère avec beaucoup de tendresse. Le message est clair. Il contient la volonté de transmission. Marcher dans ses pas, c’est honorer sa mémoire nous dit-elle. La leçon de vie qu’il nous laisse c’est d’aller contre tous nos mauvais penchants pour ne viser qu’un seul but, notre contribution à œuvrer ensemble pour le bien de tous.

Mandela a été imprégné très jeune de valeurs humanistes découlant de la pensée Ubuntu. Il est probable que cet idéal lui a permis de résister à ses 27années de prison. Dans sa cellule, il apprend la langue et l’histoire des afrikaners. Connaître son ennemi c’est se donner une chance de se comprendre mieux. Pour lui, c’est le début de l’idée d’une réconciliation nationale. La frêle possibilité que Blancs et Noirs puissent enfin cohabiter. Libérer l’opprimé et l’oppresseur de l’étau qui les enserre tous. Il rêve d’une Afrique du sud multiraciale et démocratique, d’une société plurale loin de la tyrannie de l’apartheid et de l’injustice sociale. Il sait que le chemin qui mène à la paix est long et difficile, mais c’est la seule issue pour éviter la guerre civile dans son pays.

Sean Qualls a placé l’humain au centre de ses superbes illustrations de papiers découpés aux couleurs lumineuses et solaires, des ocres de la terre d’Afrique. De ce fait, il nous recentre sur l’essentiel et donne toute sa force au propos.

Ce livre ne peut faire que le bien, il donne à découvrir l’histoire d’un homme debout, d’une détermination inébranlable face à l’oppression de son peuple et d’une rare humanité. Et nos enfants ont tant besoin de savoir que de tels humains existent, qu’ils sont tangibles et qu’ils peuvent être des références pour lutter contre la xénophobie et les communautarismes ambiants.

Il est à sa juste place chez l’éditeur Rue Du Monde qui sait aborder les sujets graves, dénoncer la violence, les injustices en apportant des contrepoints qui donnent l’espoir d’un monde meilleur et accessible à tous.